Quelle est la menace la plus importante pour les oiseaux de nos jardins ?

Les chats font-il diminuer la population des oiseaux ?

Les estimations sur le nombre d'oiseaux tués par des chats chaque année varient beaucoup.

Chat tenant dans sa bouche un oiseau

 

Les chiffres les plus récents proviennent de la Mammal Society du Royaume-Uni qui estime que les chats au Royaume-Uni attrapent jusqu'à 275 millions de proies chaque année dont 55 millions d'oiseaux. De fait, le nombre d’oiseaux capturés en France chaque année serait d’environ 62 millions. Il s'agit du nombre de proies que l'on sait avoir été attrapées. Ce que nous ne savons pas, c'est combien d'autres proies les chats ont attrapé sans les rapporter à la maison et combien parmi elles sont parvenues à s'échapper pour mourir ensuite.

Selon la Mammal Society, les oiseaux les plus fréquemment capturés sont probablement (dans l'ordre) les moineaux, les mésanges bleues, les merles et les étourneaux.

 

Pas de preuve

Malgré le grand nombre d'oiseaux tués, il n'existe pas de preuve scientifique sur le fait que le nombre de proies attrapées par les chats dans les jardins a un impact sur les populations d'oiseaux. Cela peut être surprenant, mais des millions d'oiseaux meurent de mort naturelle chaque année: un grand nombre d'entre eux en raison de la famine, de maladies ou d'autres formes de prédations. Il existe des preuves qui indiquent que les chats ont tendance à s'en prendre aux oiseaux faibles ou malades.

Chat à l'affût  Nous savons également que sur les millions d'oisillons nés chaque année, la majorité mourra avant d'atteindre l'âge adulte. Cela fait partie du cycle de la nature mais il suffit que chaque couple d'oiseaux élève deux oisillons jusqu'à l'âge adulte pour les remplacer et conserver la même population.

Il est probable que la majorité des oiseaux tués par des chats seraient morts pour d'autres raisons avant la prochaine saison de reproduction. Par conséquent, il est peu probable que les chats aient un impact majeur sur les populations d'oiseaux. Si la prédation des chats s'ajoutait aux autres causes de mortalité, elle pourrait alors avoir un impact important sur les populations.

Les espèces d'oiseaux qui ont subi la plus forte diminution de leur population en Europe (comme les alouettes, les passereaux et les bruants proyer) rencontrent rarement les chats qui ne peuvent pas être à l'origine de la diminution de leur population. Les recherches indiquent qu'elles sont généralement causées par un changement ou une perte d'habitat, en particulier sur les terres cultivées.

 

Jardin : un habitat important

Oiseau agrippé à une mangoire dotée d'une cage métalliqueLes populations d'espèces les plus présentes dans les jardins ont tendance à augmenter malgré la présence des chats. Les mésanges bleues par exemple, qui sont les deuxièmes oiseaux les plus capturés par des chats, ont vu leur population augmenter de plus d'un quart au Royaume-Uni depuis 1966. Parmi les oiseaux les plus fréquemment attrapés par des chats dans les jardins, seules deux espèces (les moineaux et les étourneaux) ont montré des signes de déclin de leur population adulte dans divers habitats durant ces six dernières années.

Les jardins peuvent offrir un habitat pour la reproduction pour au moins 20% des populations de moineaux, d'étourneaux, de verdiers, de merles et des grives musiciennes au Royaume-Uni comme en France, quatre d'entre elles sont en diminution en Europe. Pour cette raison, il serait prudent d'essayer de réduire la prédation des chats car, bien qu'elle ne soit pas la cause du déclin de ces populations, certaines espèces sont en danger.

Rouge-gorge familierLa prédation des chats peut être un problème lorsque que les lieux où nichent les oiseaux se trouvent à proximité d'habitats rares comme la lande et pourrait potentiellement faire du tort aux espèces avec des lieux de vie restreints (comme le Bruant zizi) ou des espèces dépendantes d'habitat fragmenté (comme la fauvette pitchou dans la lande).

 

© The Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) est un organisme de bienfaisance enregistré : Angleterre et Pays de Galles n° 207076, Écosse n° SC037654

 

Retour aux articles